Hernie discale à l’IRM : faut-il vraiment s’inquiéter ?
Idées reçues en santé, épisode 1
« Hernie discale », « bombement discal »... Ces mots sur votre compte-rendu d’IRM vous ont fait peur ? Bonne nouvelle : une image du dos n’explique pas toujours la douleur que vous ressentez.
Le mythe : « Mon IRM explique forcément ma douleur »
C’est une croyance très répandue : si l’imagerie montre une anomalie sur un disque, c’est elle qui cause la douleur. La logique semble évidente, mais la science la nuance largement.
Ce que dit la science
Des chercheurs ont passé une IRM à des personnes qui n’avaient aucune douleur de dos. Les résultats, publiés par Brinjikji et ses collègues en 2015 dans l’American Journal of Neuroradiology, sont frappants :
dès 20 ans, environ 30 % des personnes sans douleur ont déjà un bombement discal ;
à 80 ans, ce chiffre atteint 84 %.
Ces « anomalies » sont donc très fréquentes chez des gens qui ne souffrent pas du tout. Le plus souvent, ce sont des signes normaux du vieillissement de la colonne, pas la preuve d’une maladie grave.
La dissociation radio-clinique
En kinésithérapie, ce phénomène porte un nom : la dissociation radio-clinique. L’image et le symptôme ne racontent pas toujours la même histoire. Une personne peut avoir une imagerie « impressionnante » sans aucune douleur, et une autre souffrir beaucoup avec une imagerie quasi normale.
Quand l’imagerie reste indispensable
Cela ne veut pas dire qu’il ne faut jamais faire d’imagerie. Consultez rapidement, car des examens complémentaires peuvent être nécessaires, en cas de :
perte de force ou de sensibilité ;
traumatisme récent ;
fièvre inexpliquée ;
antécédents de cancer ;
troubles urinaires ;
ou tout autre signe d’alerte identifié par votre professionnel de santé.
Ce que recommandent les autorités de santé en Belgique
En l’absence de signe d’alerte, on parle de lombalgie commune : un mal de dos sans cause grave identifiée. Dans ce cas très fréquent, le KCE (Centre fédéral d’expertise des soins de santé) recommande aux médecins généralistes de ne pas prescrire systématiquement radiographie, scanner ou IRM. Sans indication précise, ces examens peuvent être inutiles et inquiéter sans fondement.
Et en cas de sciatique ?
Bouger reste recommandé, mais de façon adaptée. Certains mouvements ou positions peuvent être à éviter temporairement selon votre situation. C’est tout l’intérêt d’un bilan avec un professionnel : il identifie ce qui est nécessaire pour vous, sans excès ni sous-traitement.
À retenir
Un examen clinique complet reste la base de toute prise en charge.
Une imagerie « impressionnante » ne signifie pas qu’il faut arrêter de bouger.
Mieux vaut être bien accompagné(e) pour comprendre ce qui se passe et adapter son activité.
Une question sur votre dos ou une douleur qui persiste ? L’équipe du Centre MMC est là pour en discuter avec vous lors d’un bilan complet.
Sources
Brinjikji, W. et al. (2015). Systematic Literature Review of Imaging Features of Spinal Degeneration in Asymptomatic Populations. American Journal of Neuroradiology.
Centre fédéral d’expertise des soins de santé (KCE), recommandations relatives à la prise en charge de la lombalgie commune.




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